Zacharias Koumblis est une personnalité dont la discrétion et l’air
contemplatif se reflètent dans son œuvre. L’artiste ne s’exprime pas dans les
grandes dimensions, les couleurs prolixes, les compositions extravagantes. Il
est captivé par la petite dimension, l’humilité, le terrestre, le méditatif…
Rien de vaniteux n’est dissimulé dans son œuvre puisqu’il ne recherche pas de
se hisser mais de s’élever ; il n’espère pas la conquête mais la
compréhension, il ne compte pas sur la passion mais sur la quiétude. Ce sens du
serein et de l’humble parcourt la totalité de son œuvre et peut être définie
également comme impassibilité et sagesse. Ses créations artistiques se
rapportent à des images gravées à la mémoire de l’Homme […]. Elles renvoient au
« domicile », dont toute violation est interdite, à des lieux sacrés
où on est appelé à entrer avec humilité.
La mysticité qui caractérise son œuvre provient certainement de la façon
avec laquelle l’artiste manipule la couleur. Des couleurs chaudes, terrestres
constituent sa palette préférée. Ocre et
sépia, cinabre et rouge oxyde, bleu-noir, gris sombre. Nuances du rouge, du
jaune et de l’orange. Blanc de céruse, blanc, noire, gris, bleu ciel. De temps
en temps un peu de bleu cobalt, de bleu outremer ou de turquoise. Tout semble
trié et mesuré par une main attentive. Rien d’insolite n’est permis, aucune
exaltation inutile, rien qui pourrait embrouiller l’harmonie et la magnificence
de l’humble. […] Choix qui, toutefois,
portent l’empreinte de l’universel, puisqu’il s’agit d’une gamme de
couleurs issue de l’universalité de l’expérience humaine, familière à tout être
humain. […] La calcination, la gravure, l’oxydation laissent leur empreinte sur
les recherches des nuances de couleurs du peintre et se transforment en filtres
magiques à l’aide desquels la couleur devient voluptueuse et expressive, ce qui
caractérise l’œuvre de Zacharias Koumblis.
Extraits tirés du texte de Eleni
KARTSAKA, Historienne de l’art
Catalogue
d’exposition rétrospective, pp.12-14, Thessalonique, 2009
Traduction : Christina Koumpli, janvier 2014